Savez-vous vraiment ce qu’est le Botox ?
Le Botox, ou toxine botulinique, est une protéine neurotoxique produite par une bactérie anaérobie appelée Clostridium botulinum. En pratique clinique, la forme la plus couramment utilisée est la toxine botulinique de type A. Autrement dit, une sécrétion produite par une bactérie est injectée dans le corps. On sait que son effet dure entre 3 et 6 mois, mais qu’advient-il ensuite ? Cette substance disparaît-elle complètement ? Ou bien, comme pour certains fillers appliqués aux fesses, peut-elle migrer ailleurs, par exemple vers le dos ? Peut-elle circuler dans l’organisme ? J’ai étudié différents cas à ce sujet. Tout bien considéré, il s’agit d’une substance étrangère injectée dans le corps, et celui-ci peut très bien ne pas l’accepter.
D’autre part, certaines personnes estiment que les grandes opérations ou interventions par fillers pourraient être remplacées par des crèmes, des sérums ou des soins cutanés externes. Je pense que le secteur cosmétique a effectivement un rôle à jouer, mais dans une certaine limite.
Quand on demande à des célébrités : « Avez-vous déjà eu recours à l’esthétique ? », si elles n’ont pas subi d’opérations chirurgicales mais seulement reçu du Botox ou des injections de fillers, elles répondent souvent « non, je n’ai pas fait d’esthétique ». Pourtant, tout acte pratiqué sur la peau, toute intervention, ne sont-ils pas une forme d’esthétique ? Selon la définition du mot, « adjectif, médecine : Méthodes appliquées pour corriger ou embellir un organe défectueux : chirurgie esthétique ».
Si les interventions dites esthétiques avaient réellement pour but, comme le suggère le terme, d’ « embellir » ou de « parfaire », les résultats ne seraient pas laids. Le lifting français, le lifting cervico-facial, le jawline, la chirurgie des yeux en amande, les nez en toboggan, les sourcils relevés, l’otoplastie (oreilles décollées), les chirurgies du menton, les chirurgies mammaires ou fessières, les muscles artificiels, la greffe de cheveux, l’esthétique dentaire et buccale, le remodelage corporel… la liste est longue. Certaines de ces pratiques nécessitent une chirurgie, d’autres sont non chirurgicales.
Parfois, ces interventions esthétiques peuvent réellement transformer une vie. Le sourire d’un enfant né avec une fente labio-palatine corrigée (anomalie congénitale d’origine génétique ou environnementale) n’a pas de prix.
Mais qu’en est-il des patients qui, pleins d’espoir, se lancent dans une intervention esthétique et en ressortent avec une catastrophe ? Dans la rue, dans le métro, combien de femmes ou de jeunes filles voyons-nous chaque jour avec des lèvres visiblement sur-remplies et ratées ? Les rhinoplasties avec des narines trop petites, ou des nez en toboggan sont devenues monnaie courante. Pourquoi cette banalisation ? Est-ce uniquement l’effet des réseaux sociaux ? Ou bien l’influence des médias américains ?
Une autre tendance venue des États-Unis souffle également chez nous : l’injection amaigrissante. Ce médicament, à l’origine développé pour le traitement du diabète de type 2, appartient à la classe des analogues du peptide-1 de type glucagon (GLP-1). Il mime l’hormone naturelle GLP-1, stimulant ainsi la sécrétion d’insuline par le pancréas et réduisant l’appétit, ce qui entraîne une perte de poids. Commercialisé pour la première fois en 2019, il n’a pas encore révélé tous ses effets secondaires. Utilisé dans un but amaigrissant, de nouveaux effets indésirables sont rapportés : rides accentuées, structure osseuse plus saillante, relâchement cutané, lèvres amincies, orbites creuses… Des études existent même sur ces modifications du visage et la perception qu’elles entraînent dans l’opinion publique. Les recherches restent limitées, mais l’existence même de ce risque mérite déjà l’attention.
Et puis, il y a les filtres d’Instagram, TikTok et autres plateformes. Une application (que je ne nommerai pas) est devenue tellement populaire que toutes les célébrités l’utilisent, et parfois même des proches autour de nous : on le remarque immédiatement lorsque la personne est différente en ligne et dans la réalité. Ces standards de beauté uniformisent tout le monde. Des centaines de patients se rendent chez les médecins avec une photo en main, en disant : « Je veux ressembler à ça ». Mais jusqu’où iront ces opérations irréversibles ?