Les tendances changent à toute allure : une nouvelle mode, une technologie en évolution constante... Essayer de suivre le rythme, c’est pour moi courir sur un tapis roulant, sans vraiment avancer.
Nous avons déjà bien entamé l’année 2025, et il ne reste plus que 153 jours avant 2026. Les jours filent, les mois se poursuivent et les années se succèdent. Tout passe si vite que j’en ai parfois le vertige. Les tendances changent à toute allure : une nouvelle mode, une technologie en évolution constante... Essayer de suivre le rythme, c’est pour moi courir sur un tapis roulant, sans vraiment avancer. Parfois, au contraire, je pense être parfaitement dans l’air du temps quand une nouvelle tendance surgit, et je me rends compte que je suis déjà en retard.
Le monde tourne vraiment trop vite.
J’avais écrit il y a quelques semaines à propos des tendances de l’été : telles couleurs, tels motifs, tels styles de vêtements… Mais aujourd’hui, en relisant ce texte, j’ai l’impression d’avoir écrit cela il y a plusieurs années. Une fois encore, nous avons tout consommé à une vitesse folle. Les choses nous lassent très vite.
Par exemple, si je vous disais qu’à présent les gens se détournent du prêt-à-porter, qu’ils se lassent d’un mode de vie minimaliste et des vêtements produits en série à partir de matières synthétiques, qu’en penseriez-vous ? Cette année, les ensembles gilet-veste, les vestes sans manches à boutons, les innombrables styles de gilets étaient partout. Et franchement, on en a assez vu.
Quand je prends la ligne M2 du métro pour aller au travail le matin, je vois les femmes porter exactement ce qui est à la mode du jour. Parfois, je renonce même à acheter une pièce que j’avais repérée parce que je l’ai déjà vue sur trop de monde. Je reconnais immédiatement les vêtements copiés-collés des pièces conseillées par les influenceuses ou portées par quelques icônes de la mode. Je me dis qu’on serait peut-être mieux sans cette influence permanente des réseaux sociaux.
Sur ce point, j’admire les hommes. Je ne pense pas qu’ils se laissent influencer aussi facilement par tout ce qu’ils voient sur les réseaux. En tout cas, pas en matière de vêtements ou de style. Les femmes, en revanche, sont rapidement influencées et essaient constamment de se conformer aux standards de beauté du moment. Et cela commence dès le plus jeune âge. Une fillette de quatre ou cinq ans peut déjà être fascinée par des tendances absurdes qu’elle a vues sur les réseaux. Parfois, certaines filles, harcelées par leurs camarades ou mal à l’aise dans la société, se laissent happer par ces courants.
Je vous dis tout cela, mais ne croyez pas que je sois moi-même complètement à l’abri des réseaux sociaux. Moi aussi, je me laisse parfois entraîner par la folie de la consommation. Il m’arrive de souhaiter que mes produits de maquillage se terminent rapidement, juste pour pouvoir en acheter de nouveaux et essayer d’autres marques, d’autres types. Je me sens alors prise dans une chaîne d’achats sans fin. Pour reprendre le contrôle, j’ai listé tous mes produits cosmétiques dans un fichier Excel. Pour les articles dont je possède plus de cinq exemplaires, je me suis imposé un embargo d’achat. J’ai tellement de produits stockés ‒ certains achetés juste parce qu’ils étaient en promotion, d’autres que j’ai oubliés ‒ que chez moi, on dirait une mini-boutique Sephora.
Et je ne suis pas seule ! Mes sœurs font de même, et quand je vais chez mes deux meilleures amies, je remarque que leur coiffeuse déborde également de produits. Pourtant, ce ne sont pas des filles qui se maquillent énormément au quotidien. Ce sont des femmes de la classe moyenne, avec un pouvoir d’achat et un niveau de vie moyens. Peut-être que c’est justement la cherté de la vie qui nous pousse à faire des stocks. Quand un magasin de cosmétiques annonce une réduction de 70 %, on a du mal à résister. Parce qu’on sait que dans quelques mois, les prix pourraient doubler, voire tripler.
Mais aujourd’hui, les gens ne sont plus dupes. Ils savent très bien qu’avant d’appliquer une réduction de 75 %, les magasins augmentent d’abord les prix de 100 %. Il y a deux grandes enseignes très connues qui vendent de la décoration, du textile et des articles de cuisine. Toute l’année, on y voit des pancartes annonçant « - 50 % sur le prix affiché + 50 % » ou dernièrement « - 80 % sur tous les produits ». J’en ai assez de ces énormes étiquettes rouges. Si j’étais ministre du Commerce, je ferais contrôler ces magasins et je leur infligerais de lourdes amendes pour ces fausses promotions.
Je m’égare, le sujet de départ était tout autre. Quand j’ai ouvert mon ordinateur pour écrire, j’avais une idée bien précise en tête. Alors, si vous me le permettez, revenons-y.
Je parlais de vêtements basiques et produits en série. Aujourd’hui, on voit qu’ils commencent à perdre de leur attrait. Ce qui attire maintenant, ce sont les pièces artisanales, avec des motifs ethniques traditionnels, des broderies, des perles… Et l’une des marques qui suit cette évolution de très près, c’est Zara (Zara est d’ailleurs l’une des marques qui sait le mieux anticiper les tendances et comprendre les préférences des clients).
Il y a deux jours, je suis allée dans une boutique Zara. J’y ai vu des sacs perlés étiquetés comme produits faits main, d’un vrai aspect artisanal. Des chapeaux, des accessoires, des robes… tout semblant venir d’une boutique artisanale. Et puis l’été, c’est la saison idéale pour porter ce genre de pièces. Imaginez : vous marchez avec un sac perlé à la main… peu importe où vous êtes, vous avez l’impression de flâner à Bodrum, ou en Italie à Amalfi !
Meliha Serbes